Noémie Arcand photographie ce que la lumière fait aux choses construites. Depuis 2013, elle travaille au grand format sur des bâtiments ordinaires, des chantiers arrêtés et des paysages que personne ne regarde plus, jusqu'à ce qu'une heure précise du jour les rende à nouveau visibles.
Son travail se construit lentement, par retours successifs sur les mêmes lieux, parfois pendant six ou sept ans. Il ne cherche pas l'événement mais la persistance : ce qui reste debout, ce qui s'affaisse, ce que la matière garde en mémoire des gestes qui l'ont posée.



Formée à l'École nationale supérieure de la photographie d'Arles, Noémie Arcand travaille d'abord comme assistante de laboratoire avant de publier sa première série en 2013. Elle vit et travaille à Marseille.
Son travail est entré dans les collections du Centre national des arts plastiques en 2020 et du Fonds régional d'art contemporain Provence-Alpes-Côte d'Azur en 2023. En 2025, la série Le pli a reçu le prix Niépce des jeunes auteurs. Elle enseigne la prise de vue argentique à l'École supérieure d'art d'Aix-en-Provence depuis 2022.
Une image ne se décide pas au déclenchement. Elle se décide dans les mois qui précèdent, quand on revient sur le même mur à des heures différentes, et dans les mois qui suivent, quand on accepte de jeter les neuf dixièmes.
Je ne photographie pas des bâtiments. Je photographie le moment très court où la lumière rend la matière honnête, et où l'on voit enfin comment une chose a été faite.


Une photographie réussie ne montre pas ce que l'on a vu. Elle montre le temps qu'il a fallu pour le voir.